Paulius Pancekauskas: Piano. Création aux USA.

Newburyport 9 Février 2020.

Ballets Russes Arts Initiative

 www.ballets-russes.com)

 

Origin of the work

In my musical adventure which is often only the fantasy of a “elsewhere” life, I hav often let myself be caught by an “American” rythm of discovery of the world.

 

The “T”, The mythical Boston Metro (Metro of origins as the first historical in the Western world)  has to do with the origins of our modern humanity, a mixture of infinite desire for progresse and a little crazy need for urban energy.

Because we only end up circling around Earth, in a sort of repetitive nomadism at the  restricted perimeter. In his daily journey, the Faubourien who goes to work may live every day a spleen that undoubtedly contains a dream greater that his destination.

Paradox, will you tell me to dream in a subway train? Yes the suburban is just a small traveler lost in the repetition of his own existence but can-is he also a privileged listener of a secret contemporary world if he knows how to listen to the tremor of the metro and all the harmonics that emerge from it. Thus every day, if he lets his ear “dream” almost in spite of himself , he can hear a terrible and magnificent symphony of incredible sound images and thus slip into au unknown universe secretly desired.

Because this “elsewhere” that the Americans dream of is, of cours, never at the end of the road, it is in the path itself, in t’h repetitive principle of roaming.

This fantastic America of my French childhood, I think I have thus found it in this first metro, the “T” line of Boston, hard to slide on its tracks for 120 years carrying the fate of thousands of souls.

 

 The musical writing:

 

Of course, what could be more appropriate for such an opus than the repetitive forms invented by Reich, Adams and others?

This is certainly in the repetitive music of the second half of the 20th century something that comes from the Gregorian, a sort of ecstatic hypnosis of the sequence itself. Repetitive has his intrinsic virtues: primitivity, sensory vertigo, even narcoses...

However, the writing of the “T” could not be confined to crude sequences, even though they obviously allow a privileged illustration of the mechanical world to glimpse other sound spaces.

For the tonal system, while it is certainly not the only way to set benchmarks in the musical imagination, works for me as an unconscious syntax.

Beyond the rhythmic or percussive formulas, I am always waiting for a form of harmonic resolution.

The “T”, a kind of mechanical animal lurking in the depths of the earth, had to be led and orchestrated on the basis of these two emotional factors: the resolutely repetitive rhythmic frame and the melodic phrase that liberates us somewhere from a sound emotion that cannot last too long.

So I made sure that the partition of the «T», classic in its structure in three movements (allegro/ andante/presto) was not an obstacle for the man in the street since, in the end, it is about him.

 

Origine de l’œuvre

Dans mon aventure musicale qui n’est souvent que le fantasme d’une vie « ailleurs », je me suis souvent laissé prendre par un rythme « américain » de découverte du monde.

 

The « T », le mythique métro de Boston (métro des origines puisque premier historique du monde occidental) a à voir avec les origines de notre humanité moderne, mélange de désir infini de progrès et besoin un peu fou d’énergie urbaine.

 

Car nous ne faisons finalement que tourner en rond autour de notre Terre, dans une sorte de nomadisme répétitif au périmètre restreint. Dans son trajet quotidien, le faubourien qui va au travail vit peut-être chaque jour un spleen qui contient sans doute un rêve plus grand que sa destination.

 

Paradoxe me direz-vous que de rêver dans une rame de métro ? Oui, le banlieusard n’est qu’un petit voyageur égaré dans la répétition de sa propre existence mais peut-être est-il aussi un auditeur privilégié d’un monde contemporain secret s’il sait écouter le tremblement du métro et toutes les harmoniques qui s’en dégagent. Ainsi, chaque jour, s’il laisse presque malgré lui « rêver » son oreille, il peut entendre une terrible et magnifique symphonie d’incroyables images sonores et par là-même se glisser ainsi dans un univers inconnu, secrètement désiré.

 

Car cet « ailleurs » dont rêvent les américains n’est bien sûr jamais au bout du chemin, il est dans le trajet lui-même, dans le principe répétitif d’itinérance.

 

Cette Amérique fantasmatique de mon enfance française, je crois l’avoir ainsi retrouvée dans ce premier métro-là, la ligne « T » de Boston, acharnée à glisser sur ses rails depuis 120 ans en charriant le sort de milliers d’âmes.

 

Pour ce travail symphonique, mon intention musicale a été de transmettre les sensations d’un transport onirique, transport dont la rame écrit au quotidien une étonnante et obsessionnelle partition mécanique.

L’écriture musicale

 

Certes, quoi de plus à propos pour un tel opus que les formes répétitives inventées par Reich, Adams et autres ? 

 

Il y a certainement dans la musique répétitive de la deuxième moitié du XXème siècle occidental quelque chose qui vient du Grégorien, une sorte d’hypnose extatique de la séquence en elle-même. Le répétitif a ses vertus intrinsèques : primitivité, vertiges sensoriels, voire narcoses musicales…

 

Cependant, l’écriture du « T » ne pouvait pas se cantonner à des séquences brutes, quand bien mêmes elles permettent à l’évidence une illustration privilégiée du monde mécanique pour entrevoir d’autres espaces sonores.

 

Car le système tonal, s’il n’est certes pas l’unique moyen de fixer des repères dans l’imaginaire musical, fonctionne pour moi comme une syntaxe inconsciente. 

 

Au-delà des formules rythmiques ou percussives, je suis toujours dans l’attente d’une forme de résolution harmonique. 

 

The « T », sorte d’animal mécanique tapi dans les profondeurs de la terre, se devait d’être mené et orchestré à partir de ces deux facteurs émotionnels : la trame rythmique résolument répétitive et la phrase mélodique qui nous libère quelque part d’une émotion sonore qui ne peut trop durer.

 

J’ai donc veillé à ce que la partition du « T », classique dans sa structure en trois mouvements (allegro / andante /presto) ne soit pas un obstacle pour l’homme de la rue puisque, en définitive, c’est de lui dont elle parle.

 

 


Martine Vialatte: Piano.

“The T” .Création en France le 10 Juillet 2010

Festival Passacaille.